Revue de presse

Améliorer l’accès à la commercialisation des produits halieutiques : Nécessité de créer une dynamique régionale

Faire la promotion du commerce des produits de la pêche dans la région en initiant une dynamique régionale d’informations et d’échanges portant sur les dispositions majeures qui réglementent l’accès de ces produits aux marchés internationaux et africains, et l’identification des opportunités qui caractérisent le commerce de poisson en Afrique. C’est l’objectif de l’atelier régional ouvert hier à Saly, sur le thème : «Les stratégies de développe­ment des échanges de produits halieutiques en Afrique dans un contexte de libéralisation du commerce mondial», organisé par la Conférence ministérielle sur la coopération halieutique entre les Etats africains riverains de l’Océan atlantique (Comhafat) et le Réseau sur les politiques de pêche  en Afrique de l’ouest (Repao).

Papa Gora Ndiaye, secrétaire exécutif  du Repao explique que l’Afrique,  à travers son énorme potentiel de produits halieutiques, a un rôle à jouer dans ce marché mondial, car  le poisson est la denrée alimentaire laplus échangée dans le monde. D’après l’Organisation mondiale pourl’alimentation et l’agriculture (Fao), «la production mondiale des pêches decapture et d’aquaculture a atteint un record en 2013 avec 160 millionsde tonnes, alors qu’au même moment la valeur des exportations mondiales de produits halieutiques a aussi atteint un record de 136milliards de dollars américains, soit une hausse de 5% par rapport à2012». «Toutefois force est de constater que la participation de l’Afrique dans le commerce mondial du poisson est assez limitée. Leséchanges internationaux  de poissons et des produits de la pêche du continent représentent environ 4,6% de la valeur totale des échanges globaux. Il faut constater que depuis 2011, le continent est un importateur net en volume ce qui est paradoxal au regard des potentialités halieutiques énormes que renferme le secteur, malgré la crise qui sévit dans le secteur», a constaté le secrétaire exécutif du Repao. Cela démontre une fois de plus que le poisson fait partie des denrées alimentaires de base les plus échangées dans le monde, le dévelop­pement  soutenu du commerce du poisson durant ces dernières années laisse présager une croissance de ce commerce, une émergence d’opportunités, mais également une menace pour les pays producteurs comme le Sénégal. C’est pourquoi Moustapha Ly, le secrétaire général du ministère de la Pêche et de l’Economie maritime qui a présidé la cérémonie d’ouverture de cet atelier,  est d’avis que le secteur de la pêche  fonctionne dans un environnement de plus en plus mondialisé. Pour preuve souligne-t-il, «la façon dont les produits de la pêche sont préparés, commercialisés et livrés aux consommateurs a considérablement changé, et des produits peuvent franchir plusieurs fois les frontières  nationales avant la consommation finale. Le poisson peut être produit dans un pays transformé dans un deuxième et consommé dans un troisième». D’où la nécessité de créer une dynamique régionale afin d’améliorer l’accès à la commercialisation du poissonv dans les marchés internationaux et africains. Car explique M. Ly, «il n’est ni raisonnable, ni même compréhensible que des pays de notre continent, en dépit des atouts naturels et humains, enregistrent des déficits en protéines, au même moment où des quantités importantes de poissons sont déversées sur les plages de certains de nos pays, faute de commercialisation, de conservation, de transformation et d’autres obstacles notamment techniques». Le secrétaire exécutif de la Comhafat, Abdelouahed Benabbou rappelant que cet atelier s’inscrit dans l’esprit des orientations de la pre­mière conférence des ministres africains de la Pêche et de l’Aquacul­ture visant l’élimination des obstacles au commerce intra et inter régional du poisson et des produits de la pêche. Selon M. Benabbou, ces goulots d’étrangl ments sont entre autres, le déficit en infrastructures, la qualité des services, les obstacles tarifaires et non tarifaires, la faiblesse des circuits commerciaux, les exigences en matière de normes des produits et de contrôle sanitaire et la lourdeur des procédures administratives sont autant d’obstacles qui freinent l’essor et la promotion du commerce du poisson et des produits halieutiques.



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