Revue de presse

Pêche maritime: Signature à Tanger d’un mémorandum entre COMHAFAT et LDRAC
La «COMHAFAT» (Conférence Ministérielle sur la Coopération Halieutique entre les Etats Africains Riverains de l’Océan Atlantique), appelée en anglais « ATLAFCO » (Ministerial Conference on Fisheries Cooperation among African States Bordering the Atlantic Ocean) est une organisation intergouvernementale créée en 1989 et regroupant 22 Etats s’étendant du Maroc au nord, à la Namibie au sud du continent africain. La Convention constitutive de cet organisme, appelée « convention régionale de l’Atlantique pour la coopération halieutique », adoptée en 1991, fixe les domaines et modalités de la coopération halieutique régionale entre les Etats membres.

Les principaux objectifs de la COMHAFAT sont la promotion et le renforcement de la coopération régionale sur l’aménagement des pêches, et la coordination et l’harmonisation des efforts et capacités des parties pour la conservation et l’exploitation des ressources halieutiques.

Basée à Rabat, la COMHAFAT qui a une présidence tournante, a renforcé son cadre institutionnel par l’amendement de ses statuts, de même qu’elle a crée un Fonds de promotion des pêches pour l’Afrique avec l’appui de la Fondation japonaise de coopération internationale en matière de pêche (OFCF). Ce fonds permet le financement des projets de développement dans le domaine du renforcement des capacités des 

Etats membres dans la pêche et l’aquaculture ainsi que l’appui à la mise en œuvre des réglementations internationales.

Le Conseil Consultatif Régional de la Pêche Lointaine (LDRAC) quant à lui, relève de l’Union Européenne (UE). Basé à Madrid, ce organisme constitué en mai 2007, en conformité avec la décision du Conseil 2004/585/ de la Commission Européenne (CE), a établi un cadre commun pour les conseils consultatifs régionaux (CCR).

Les Conseils Consultatifs Régionaux qui garantissent la participation des parties intéressées aux processus de formulation de politiques d’une gestion de pêche, élaborent des recommandations et des suggestions sur les aspects de la pêche qui touchent la zone de leur ressort et ils les présentent à la CE ou aux autorités nationales compétentes. 

Le LDRAC donne des avis a la Commission Européenne sur les questions relatives aux accords de pêche avec des pays tiers et les relations avec les Organisations Régionales de Pêche (ORP) dont l’UE est signataire.

Les fonctions principales du LDRAC sont de préparer et présenter des avis et des recommandations sur la gestion et la conservation du produit de lapêche ; de contribuer à l’application de la politique de pêche commune en dehors des eaux communautaires et d’améliorer les relations extérieures de l’UE en matière d’une pêche.

Outre les travaux programmés lors de la rencontre de Tanger, le programme prévoyait également l’élection du nouveau comité exécutif du LDRAC, qui devait tenir ensuite une réunion extraordinaire consacrée à la nomination des membres des différents groupes de travail, ainsi que l’approbation du plan stratégique et du calendrier 2013-2014.

Parmi les participants à la réunion de mercredi , nous avons noté la présence du Directeur général de la Pêche au Maroc, représentant le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime ; du Directeur général de la Pêche en Espagne; du Président de la confédération marocaine de la pêche côtière ; du Président de Fédération de la pêche maritime et de l’aquaculture ; du Secrétaire général de la Confédération espagnole de la pêche (Cepesca), du président de la chambre des pêches maritimes à Tanger ; du président du LDRAG ; de représentants de pays membres de la COMHAFAT, ainsi que de nombreuses autres personnalités marocaines et étrangères impliquées dans le domaine de la pêche maritime.

Avant l’acte de signature du mémorandum d’entente pour développer la coopération mutuelle en matière de lutte contre la pêche illicite et non déclarée, promouvoir la pêche responsable et durable, harmoniser les règlements régissant la pêche dans les eaux territoriales des 22 pays membres de la COMHAFAT, et renforcer la coordination entre ces pays afin d’accompagner les mutations enregistrées dans ce secteur à l’échelle internationale, plusieurs intervenants ont développé les difficultés rencontrées aujourd’hui par les flottes de pêche opérant dans les eaux territoriales, qui sont soumises à des règles propres à chaque Etat, ce qui donne souvent lieu à des confusions quant aux dispositions à adopter, d’où le risque d’infractions aux règles nationales changeant d’un Etat à l’autre, ce qui conduit, dans certains cas à des demandes de dérogations.

Les participants se sont félicités de l’expérience de la commission mixte maroco-espagnole des professionnels de la pêche en tant qu’exemple de coopération en matière de promotion d’une pêche durable et de préservation des ressources halieutiques.

A ce propos, le président de la Chambre des pêches maritimes de la Méditerranée, M. Youssef Benjelloun, a indiqué le Maroc a déjà adopté, à travers la stratégie Halieutis, une approche de développement du secteur axée notamment sur la durabilité et la pêche responsable.

De son côté, le directeur général des pêches d’Espagne, M. Ignacio Escobar Guerrero, a indiqué que l’Union européenne a mis en place un système de contrôle stricte et des normes avancées pour assurer la traçabilité des produits de pêche, malgré le coût élevé de ces efforts de ce contrôle.

D’une manière générale, les participants à la rencontre de Tanger sont unanimes sur la nécessité de faire adopter des mesures harmonisées pour simplifier le travail et l’évolution des navires dans les eaux territoriales de chaque pays concerné, pour renforcer la coordination entre ces pays afin d’accompagner les mutations enregistrées dans ce secteur à l’échelle internationale, mais aussi pour préserver les ressources halieutiques en vue d’assurer le développement d’une pêche durable, et pour lutter contre la pêche illicite qui doit être menée de manière collective et impliquer le plus grand nombre d’Etats et d’intervenants en vue de fermer l’accès des marchés aux produits non réglementaires.

M. ABOUABDILLAH


Source :http://www.lejournaldetanger.com/article.php?a=4342